« Label », vous avez dit « Label », Est-ce que j’ai une gueule de Label ?

Mais oui, c’est bien sûr : Le Label CTR !

 

Revenons sur un des temps forts de notre challenge 2003. La création de sorties avec le Label CTR qui donnait à chaque participant la gratuité de son inscription. Les Vététistes avaient ouvert le bal en participant au Tour de Neauphle. Ils étaient huit. Parcours comme d’habitude très agréable avec plus de chemin que de bitume. Les participants étaient enchantés.

 

Parlons un peu de celui de la route. La Paris – Camembert avec possibilité de passer la nuit à Vimoutier et revenir le lendemain à Rambouillet en vélo. Je ne vous dit qu’une chose, c’était grandiose. Même avec la pluie, vous auriez du venir. Commençons par le commencement.

Nous sommes le samedi 24 mai, il est 5 h 45’ et nous nous retrouvons Jean-Philippe Iob, René Bourgeois (qui est notre accompagnateur pour les deux jours au volant de la camionnette de Jean-Philippe), Bernard Gorget, Dominique Glais et sa femme, Alain Ribault, Jean Cordonnier, Daniel Lehain, Annick Clément et son mari, René Pégourier, Jean Lecomte devant la clinique vétérinaire Aubert, « La Capside » pour, soit partir en voiture pour Maurepas, soit pour Alain, Daniel et moi partir en vélo pour les retrouver sur le parcours : il n’y avait pas assez de place dans les véhicules pour nous emmener.

Nous commençons notre voyage très tranquillement. Le ciel est nuageux. La température est assez basse. Nous prenons la direction du Perray, des Bréviaires et des Mesnuls afin de rejoindre le groupe. Nous croisons et saluons quelques paquets. En arrivant en haut de la côte des Mesnuls, nous nous arrêtons. Plusieurs minutes se passent. Nous commençons à nous refroidir. Nous prenons l’initiative de rebrousser chemin vers les Bréviaires afin de nous réchauffer. Difficile, nous faisons demi-tour et nous décidons de descendre les Mesnuls pour chauffer les bêtes. Au milieu de la descente nous croisons nos compagnons. Demi-tour et route vers Vimoutiers. Dans le groupe nous retrouvons en plus de ceux cités plus haut :  Bernard Rassinier, Claude Renault, Georges Branchard, Jean-Jacques Bréant, Patrick Jouve, Alain Foury, Alain Debette, Jean-Pierre Barranger, Gérard Taille, Gérard Choupault, Gilbert Briffaut. Mon téléphone sonne car Frédéric Ménard, un nouveau dans le club, (il a gagné la Trappes – Trappes l’année dernière) me demande où nous sommes, car lui aussi est parti de Rambouillet. Je lui indique que nous arrivons aux Bréviaires ; c’est là que nous nous retrouvons. Nous roulons ensemble pendant un petit moment. Bientôt nous formons deux groupes. La pluie commence à tomber. Alain, Frédéric, et Jean-Pierre s’arrêtent pour mettre un imper. JP pour les intimes met du temps à s’habiller et heureusement que Bernard Jeannin avec sa femme au volant de la voiture d’Alain (qui sont aussi nos accompagnateurs pour ce samedi) s’arrête pour les attendre. Ils vont servir de derny pour les ramener dans le groupe. Ce  groupe éclate en deux. Cela permet d’être plus homogène et moins dangereux. Nous roulons avec un bon tempo tout en contrôlant que le groupe reste bien formé. Frédéric qui était parti avec le groupe plus rapide se laisse glisser pour rester avec nous (n’ayant jamais fait de 200 kms il préfère gérer). Le temps est mi-figue mi-raisin; pour l’instant la pluie s’est arrêtée. Nous arrivons à Chateauneuf en Thymerais pour le contrôle. Je vois René Bourgeois. Avec lui je récupère mon appareil photo qui était dans la camionnette. Je retourne au contrôle. Nous nous restaurons et avant de repartir nous marquons symbolisons sur la pellicule ce moment majestueux. On peut remarquer que bien que le temps ne soit pas terrible, nous avons tout de même le sourire.

Je crois vraiment que par moment nous sommes maso. Bien que généralement, les plus belles pages de l’histoire du vélo se sont écrites alors que les conditions climatiques étaient terribles. Paris – Roubaix sous la pluie : voir les coureurs arriver au vélodrome couverts de boue à un point tel qu’ils sont méconnaissables c’est plus beau que par temps sec et chaud. Nous repartons et je confie à Bernard l’appareil photo afin qu’il puisse faire quelques photos.

Nous repartons bien que le troisième groupe ne soit pas encore là. A nouveau nous formons deux groupes. Nous poursuivons notre chemin en direction de l’Aigle. Notre cadence est régulière. Le peloton reste bien formé. De temps en temps notre vainqueur du trophée 2002, Jean se distingue en poussant des accélérations. D’ailleurs il s’est fait sermonner à un moment par Bernard pour qu’il reste dans le paquet. Attention il faut pas le contrarier notre Bernard National, d’ailleurs Jean rentre rapidement dans le rang. Le temps est toujours capricieux mais nous ne trouvons pas trop de pluie. Nous nous restaurons à l’Aigle. Le premier groupe est déjà bien installé, nous prenons nos plateaux qui sont comme toujours très bien équilibrés. Le soleil fait une timide apparition, cela fait du bien. La plupart se changent qui les chaussettes, qui le cuissard, qui la tenue complète. A la fin de notre repas le troisième groupe arrive. Nous en profitons pour faire une photo de groupe. Il manque Bernard, Annick et René qui étaient restés à l’abri sous le préau mis à notre disposition. Soit dit en passant il faisait meilleur à l’extérieur qu’à l’intérieur.

  

Le premier groupe repart. Frédéric a loupé le départ. Monsieur a souhaité se changer entièrement. Il faut que tu saches, Fred qu’il faut toujours être sur le qui-vive car les départs du CTR sont toujours rapides (plus rapides que les courses !). Heureusement pour lui, Bernard Jeannin était encore là. Il lui a servi de derny pour les rejoindre. Nous repartons. Nous voyons bien des nuages noirs mais nous espérons qu’ils vont passer. Grave erreur ! nous aurons jusqu’à l’arrivée, par moment, des trombes d’eau qui dégringolerons sur nos têtes. La tenue sèche du midi n’aura duré que très peu de temps. Nous continuons ; depuis l’Aigle nous sommes rentrés dans la petite Suisse normande. On monte, on descend. Dans une descente une voiture arrêtée au stop, démarre alors que nous arrivons. Elle s’arrête, puis redémarre à la barbe de Daniel. Il hurle en braquant sur la gauche, la voiture pile, je m’échappe sur la droite. Ouf plus de peur que de mal mais bon dieu que nous avons eu chaud. La pluie est notre compagne. Elle nous lave de tout nos efforts. Pour ma part je commence à être en difficulté dans les montées. Nous arrivons à la bifurcation. L’envie est grande de prendre le parcours de 185 Km. Allez, nous sommes venu pour faire le grand tour. Allons-y. Nous nous arrêtons au dernier contrôle. Nous sommes trempés. La toile de tente qui abrite la table de victuailles est alourdie par la pluie. Tout d’un coup le trop plein se déverse et par malchance c’est Annick qui se trouve en dessous. Douche gratuite, le pire, l’eau s’est infiltrée par le cou. Sensation désagréable avec en plus l’intégralité des vêtements mouillés. Si l’harmonie était de rigueur jusque là, je demande à tout le monde de rouler à sa main. Trop de difficulté, nous sommes près du but, il vaut mieux faire la fin de parcours avec des jolies patates de 10 à 17 %. Pour la fin, le fameux mur des Champeaux. Je pars et j’attaque la première bosse. Tout le monde me passe. Bernard Gorget du haut de ses X kilos me dépasse et me dépose gentiment. Dieu que cette montée me fait mal, bien que le panorama soit grandiose. Dans la descente Jean Lecomte et Gilbert Briffaut me passent en me sollicitant pour que je reste dans leur roues. Merci les gars mais il vaut mieux que je reste à ma main, plutôt à mes jambes. Je suis dans l’état de celui qui se dit : « Que suis-je venu faire dans cette galère ». Vous savez ces moments où vous devenez le capitaine Hadock tellement les mots de colère jaillissent de vous. Je suis le bon dernier, je monte, je descends, je ne sais même plus pourquoi. Il faut être malade pour s’infliger des épreuves morales et physiques de cette envergure. Je vous le dis, nous sommes vraiment maso par moment. Je traverse Camembert. Il y a du monde. Les gens ont l’air heureux avec leur paquet de fromage sous le bras. Ils me donnent envie d’être avec eux, au chaud avec un bon morceau de fromage et un verre …. d’eau. Désolé vous devez savoir que je n’aime pas le vin. Je continue mon chemin, j’attends avec impatience le mur des champeaux qui sera mon calvaire mais aussi ma délivrance car après cela, route large, bon bitume qui rend bien et descente jusqu’à Vimoutiers. Enfin le mur arrive. Avant de l’attaquer, je m’arrête pour m’alléger. Pipi si vous voulez. Je repars, je passe le 32X23. Je monte. Je me demande comment Laurent Brochard peu faire un démarrage dans ce P….. de mur. J’aperçois mes compagnons Gilbert et Jean. Je n’en peux plus. Je mets pieds à terre. Je marche une dizaine de mètres et je me décide à remonter sur le vélo. Tu ne vas pas te laisser dominer par ce bout de route, rude ma foi mais pas insurmontable. De plus avec 32X23 tu dois passer. Je repars, beaucoup plus alerte. Je passe Jean, puis Gilbert. J’embraye mais là les crampes apparaissent. Je suis heureux d’être avec Gilbert et Jean car je me cale dans leurs roues et me force à rester avec eux. Allez, tu tiens le bon bout, l’arrivée est proche. Nous descendons à tombereau ouvert sur Vimoutiers. Voilà, enfin la salle des fêtes. Descente de vélo, pointage du carton, récupération du diplôme, sandwich, coca pour moi, cidre pour les autres. Je retrouve tous les copains, heureux d’en avoir fini. Une seule envie, aller à l’hôtel et prendre une bonne douche chaude.

Une fois propre et revêtu de vêtements secs, nous retournons dans la salle des fêtes pour prendre l’apéritif et voir si nous avons une récompense. Je retrouve Isabelle et Gérard Taille qui ont dans les mains la coupe du club qui a le plus de participants. Nous étions 22 du CTR. Nous nous sommes pas déplacés pour rien. La soirée va commencer par un petit apéritif dans la chambre 10, puis repas dans une grande salle qui sert aussi de salle de spectacles. Le repas est correct. Nous parlons de la journée et d’histoires qui tournent autour du vélo.

Nous décidons de régler nos frais ce soir afin de partir demain matin sans perdre de temps. Nous estimons qu’il serait bien de partir vers 8h00’. Gérard et Isabelle sont restés avec nous le soir. Demain il repartent en voiture.

Nous sommes quelques uns à aller faire un tour dans la ville qui est déserte et on peut voir les organisateurs qui quittent la salle des fêtes après avoir mangé tous ensemble. Tout le monde, au lit mais pour un certain nombre une nuit blanche est à venir. L’un des responsables de la nuit blanche ce fut dans la salle de bain de Gérard et Isabelle, un sani-broyeur qui se mettait en marche toute les trente minutes. Bonjour les dégats.

Lever vers 7h00’, petit déjeuner copieux avec du pain et des croissants sortant de chez le boulanger vers 7 h 30’. Installation des bagages dans la camionnette, reprise des vélos qui étaient rangés dans le garage du propriétaire de l’hôtel et photo historique de l’équipe qui repart en vélo pour Rambouillet.

Voici l’équipe pour le retour du dimanche.

 Nous repartions pour 160 km. Le temps était plus clément. Pas de pluie, un petit vent arrière, je ne vous dis pas, une ambiance du tonnerre, un esprit de camaraderie survolait ce week-end, même pendant les crevaisons (4) la solidarité, la bonne humeur, la poigne de fer de Jean-Philippe étaient toujours présents. Un délice. J’avais pour ma part des jambes qui fonctionnaient bien. Un régal. Daniel nous avait concocté un parcours pour le retour qui nous faisait traverser les vallées afin de rejoindre le village de ses grands-parents, lieu de ses vacances quand il était enfant. La route était tellement tourmentée et bosselée que nous pensions rentrer à la nuit tellement on n’allait pas vite. Enfin le village, joli ma foi avec un superbe étang aménagé, lieu choisi pour prendre un petit café avec quelques gâteaux qui avaient été achetés par notre compagnon René Pégourier. Nous repartons toujours dans un terrain accidenté. Nous continuons notre petit bonhomme de chemin. Enfin nous sortons des bocages normands quand arrive face à nous un maillot CTR. Je rêve, j’ai la berlue, mais non c’est notre compagnon Jacques Clec’h qui est venu à notre rencontre. Il a parcouru 111 Kms, cela sonne agréablement à nos oreilles car maintenant nous connaissons parfaitement le nombre de kilomètres restants. Nous filons à bonne allure, mon coup de pédale est revenu. Un vrai plaisir. Vous savez le plaisir qui vous submerge quand vous effectuez un parcours sans avoir l’impression qu’il y a des difficultés ! Cela faisait longtemps que je n’avait pas ressenti cela.

A l’entrée de la Ferté Vidame nos accompagnateurs, les Renés avaient choisi un endroit qui comportait des tables de pique-nique dans un espace verdoyant, juste à la fin de la forêt et avant de rentrer dans la ville. De plus, le soleil était au rendez-vous. Comme d’habitude nous avons respecté notre religion : un apéritif avec amuse-gueule pour ouvrir l’appétit. Ensuite sandwichs, fruits, yaourts, café, gâteaux. Il faut penser à repartir. Notre rythme est plus rapide. Nous avançons vraiment mieux. Nous avons notre quatrième crevaison, mais Jean-Philippe est habitué, il va de plus en plus vite pour les réparations. D’ailleurs avant le repas de midi, il a même changé un pneu car il n’avait pas confiance dans sa qualité, il faut dire qu’il venait de se dégonfler pour la deuxième fois.

Notre pédalage plus soutenu, commence par faire des dégâts. Nous rééquilibrons notre vitesse afin de maintenir tout le monde dans le groupe. Notre devise un pour tous, tous pour un. Tel des mousquetaires du Roi nous faisons défiler le goudron sous nos roues bien gonflées.

Nous revenons sur des routes que nous connaissons bien. Et c’est vers 15h 30’ que nous arrivons chez Jean-Philippe afin de reprendre nos affaires mais c’était sans compter sur la gentillesse de René Bourgeois qui a fait le tour des popotes pour remettre à chacun son paquetage et ramener Patrick Jouves et Jean-Jacques Bréant à Maurepas afin qu’ils récupèrent leur voiture. Tout le monde était heureux du week-end et un esprit club a régné tout au long de l’épreuve. C’était label’ment bien.

 

                        Jean-luc