« La Pierre le BIGAUT  mucoviscidose » ne cesse de grandir »

 

Vendredi 27 juin 2003, 9 heures du matin avec Alain Debette, les vélos bien calés dans la voiture, nous mettons le cap vers l’ouest pour un merveilleux week-end qui s’inscrira à tout jamais dans nos mémoires.

 

Direction Paimpol dans les côtes d’Armor où la maman de Monique (mon épouse) est très heureuse de nous héberger. Au passage, nous rendons visite à ma sœur et à mon beau-frère qui se font un plaisir de nous offrir une bonne bolée de cidre fait maison. Rien à voir naturellement avec celui que nous achetons dans le commerce.

Je préviens Alain que nous allons à la campagne chez mémé Yvette, qu’il ne s’attende pas à être logé dans un hôtel quatre étoiles mais que l’accueil allait être comme toujours très chaleureux. Il me répond : « Tu sais Jacques, cela fait du bien de temps en temps de remettre les pieds sur terre ». (Pour ma part je ne connais pas la mémé Yvette, mais JP, Jean-Pierre Barranger m’a raconté d’excellent souvenir concernant un hébergement avec Jacques dans sa famille bretonne. Quoique étant tous les deux bretons, ne sont-ils pas de mèche ? - NDLR).

Alain me demande si les WC se situent comme dans le temps au fond du jardin car il a semble-t-il également connu cette époque. (Bien que je sois plus jeune, 48 ans, j’ai aussi connu avant l’âge de 6 ans chez mes grands parents les toilette au fond du jardin – NDLR).

Non Alain, je te rassure, les bretons ont rattrapé une partie de leur retard et ont pratiquement tous les WC dans leur maison. Mais au fait que sommes-nous venus faire en Bretagne ?

Samedi matin 7 heures et trente minutes, après un petit déjeuner très copieux avec des crêpes faite maison et le traditionnel pâté de campagne artisanal breton, nous prenons la direction de Callac fièrement accompagnés de nos charmantes maîtresses à deux roues afin de participer à une des plus belles et palpitantes cyclosportives de l’hexagone (On sens un peu de chauvinisme, vous ne trouvez pas ? – NDLR).

En y allant, nous traversons une petite ville de 8500 habitants, mondialement connue pour ses résultats en championnat de ligne 1 de football. Je veux parler de l’équipe de GUINGAMP qui cette année encore termine 7ème au classement après avoir mené la vie dure aux grosses cylindrées que sont Monaco, Marseille et Lyon. Rendez-vous compte, elle devance même la grande et fabuleuse équipe du Paris Saint Germain (PSG) aux moyens financiers colossaux mais trop souvent composée de joueurs qui éprouvent parfois quelques difficultés à mouiller le maillot (c’est pas comme le CTR ! – NDLR).

Notre ami corse Jacques Ciffélli fidèle supporter du PSG que nous avons failli perdre à Ajaccio et qui adore les bretons me disait dernièrement : « Mais ils sont bons en tout dans ton pays ! ». D’après il paraîtrait même qu’ils sont depuis peu devenus les champions du monde de la boule !.

Revenons à Callac où nous sommes venus pour participer à la « Pierre Le Bigaut ».         

 

N’ayant pas de certificat médical et après avoir signé une décharge, nous nous sommes engagés dans la catégorie des cyclotouristes. La seule différence par rapport aux cyclosportifs est que nous ne serons pas classés , mais peu importe comme l’a si bien dit un grand personnage : « L’essentiel est de participer ».

Il est environ 8 heures lorsque nous nous installons dans le sas de départ, le thermomètre de la pharmacie voisine nous indique une température de 9 degrés, autant vous dire que nous n’avons pas très chaud habillés en court mais que la météo s’annonce très clémente avec 23° dans l’après-midi.

Un concurrent du Havre nous fait savoir qu’il a eu très froid sous sa tente de camping. Rien à voir avec les températures caniculaires que nous avons connues une semaine auparavant à « l’Ardéchoise ».

Neuf heures et quinze minutes, après la traditionnelle minute de silence consacrée aux victimes de cette incroyable maladie qu’est la mucoviscidose, le départ est donné aux 300 privilégiés qui nous devancent.

Vient notre tour, c’est parti pour une boucle de 155 kilomètres. Cette année nous ne verrons pas la mer. Nous sommes particulièrement bien placés au départ, nous savons que derrière nous il y a plus de 4500 participants.

Comme toujours dans les cyclosportives, la cadence est très rapide et une fois de plus, nous nous sentons aspirés par ces énormes pelotons qui se forment.

A la faveur de grandes lignes droites, de montées et virages, nous apercevons ce long serpent multicolore qui se confond dans ce paysage si verdoyant de la campagne bretonne.

Au 10ème kilomètre, Alain vient à ma hauteur pour me faire savoir qu’il a les jambes dures. Et oui, c’est parti très vite et nous n’avons probablement pas récupéré de nos violents efforts fournis dans « l’Ardéchoise ». Je le rassure en lui disant que moi également je ne suis pas au mieux de ma forme. (Pourtant ils arrivent à se parler ! – NDLR). En cas où, nous avons une soupape de sécurité en ne parcourant que le circuit de 100 bornes. Alain me fait part de son intention de mettre la flèche si son état physique ne s’améliore pas. C’est l’option qu’il choisit en terminant tout de même à plus de 30 Km/h de moyenne.

Personnellement, je souhaite m’accrocher et continuer sur le grand parcours pour une raison que j’évoquerai plus tard.

Après la bifurcation pour le 100 Km, je me laisse glisser en queue de peloton, je constate qu’Alain n’est plus là, j’en conclu qu’il a mis la flèche à gauche.

J’ai à nouveau de bonnes sensations dans les jambes et dans chaque bourg et village traversés, les encouragements sont tels que j’oublie que je pédale. Dans la traversée de Pommérit le Vicomte, une foule de spectateurs en liesse crient et hurlent pour nous encourager, j’en ai encore des frissons en écrivant ces mots.

Je suis à ce moment placé à l’arrière de cet énorme peloton d’au moins 200 coureurs. A mon tour je me redresse sur ma machine et j’applaudis intensément afin de remercier à ma façon ces merveilleux spectateurs tellement passionnées par le vélo et présent également pour une bonne cause « Vaincre la MUCO ».

Depuis qu’elle existe, le breton adore la petite reine et croyez-moi, sur nos routes, elle est respectée (Pourtant Jacques des cyclistes sont aussi tués en Bretagne ! – NDLR).

Tout au long du parcours, je n’ai cessé de dire merci ou de faire des signes de la main. A la faveur d’un fort ralentissement dans un virage, je reconnais un visage. Tenez-vous bien, ce n’est personne d’autre qu’un cyclo que j’ai connu au stage 53X12 au mois de mai à Rosas en Espagne. Que le monde est petit. Il est de Plouha d’où il était venu avec une bande de copains en qualité de cyclotouriste. J’ai tout juste le temps de crier : « Salut Plouha, c’est Rosas ». Je me retourne, il me fait signe, il a compris qui j’étais car il a reconnu devinez quoi ? Notre beau maillot de Rambouillet naturellement !

Preuve que ces encouragements me donnent des ailes, au 90ème kilomètre, mon compteur affiche près de 36 Km/h de moyenne. Je suis tout à fait conscient que celle-ci est beaucoup trop élevée et que dès les sérieuses difficultés allaient se présenter ma vitesse chuterai vertigineusement.

Entre la ville de Lanvollon et le petit bourg de Tressignaux, mon cœur bat très fort. Je décide de me placer en tête du peloton ce qui n’est pas du goût des costauds qui m’entourent car ils ne souhaitent pas d’accélérations. Avec délicatesse et par respect, je demande comme font les « pros » la permission de sortir car oui, j’arrive dans ma commune natale et je souhaite faire un petit coucou à ma sœur Nicole et à mon beau frère Michel qui je le sais m’attendent de pied ferme.

J’ai à peine le temps de descendre de vélo que la tête du peloton est déjà à ma hauteur. Voyant que j’allais perdre le contact, ma sœur me crie : « Vas-y Jacky, vas-y Jacky ».

De l’autre côté de la route postés au pied de cette belle église surmontée d’un magnifique clocher que je n’ai pas le temps d’admirer, j’entends également crier : « Allez Jacques, allez Jacques ». Oh !!.. C’est sans prétention que j’accepte ces encouragements car je le sais , je ne suis rien, un simple mec qui après plus de 25 années de course à pied est revenu à ses premiers amours. Un mec qui au sein du CTR refait du vélo depuis 8 années et qui aime cela. Aux yeux de tous ces gens qui m’entourent je suis comme l’on dit, « le petit gras du village » qui dans sa tendre enfance aurait souhaité faire de la compétition.

Tous ces encouragements, croyez-moi, me vont une nouvelle fois droit au coeur. Certains ne m’ont pas revu depuis près de trente ans. Je distribue quelques bises, je tape dans les mains de ceux qui me la tendent et j’ai la larme à l’œil car derrière eux à quelques mètres, il y a le cimetière dans lequel repose mes parents. Eux aussi auraient souhaité que je fasse de la compétition lorsque j’étais jeune mais à l’époque dans cette campagne si pauvre il n’y avait que des petits moyens …. La licence était trop chère.

Après m’être arrêté plus d’une minute, je repars à fond dans la descente que je connais parfaitement bien car dans la vallée s’écoule une petite rivière très poissonneuse qui était mon terrain de jeu lorsque j’étais gamin.

Je me sens en sécurité car je sais que la route à été balayée. Chez nous avant chaque course cycliste les routes sont débarrassées du moindre petit gravillon.  Pour preuve, cela est efficace car je ne me souviens pas d’avoir doublé un concurrent qui avait percé.

Dans la bosse suivante, apercevant la queue du peloton que je viens de quitter, je fais l’effort pour essayer de revenir sur les derniers. Ce qui devait arriver, arrive ….. je me suis mis dans le rouge et j’ai explosé.

Je décide donc de renoncer à cette poursuite suicidaire, je roule à ma main. Je me retourne de temps en temps mais rien en vue. Malgré ma solitude, je reçois toujours autant d’encouragements.

Ce n’est qu’un dizaine de kilomètres plus loin que me rejoint un nouveau peloton fort d’une centaine d’unités.

Je me cale dans les roues et m’aperçois que ma moyenne n’est plus que de 33 Km/h. C’est au son des cloches de l’église que nous traversons le bourg de Lanrodec et voici qu’apparaissent les difficultés annoncées de fin de parcours.

J’entends quelqu’un dire : « Gardez-en sous la pédale les gars car ça va monter ! ».

Il y a 25 kilomètres difficiles avec une bosse assez longue et un passage à 13% et une autre qui est un mur de 300 mètres avec une patate de 18%. Connaissant mes facultés de grimpeur très moyen, je décide de monter à ma main.

La première je la passe assez bien mais dans le mur de 18%, je suis scotché, mon développement de 42X23 ne me convient pas du tout. Etant isolé, ma seule solution pour arriver au sommet sans mettre le pied à terre est de faire des zigzags. Je suis à la limite des crampes mais le fait de savoir que nous approchons de l’arrivée me réconforte. Les derniers kilomètres s’effectuent en descente. J’aperçois la ligne d’arrivée et Alain qui m’attend, il est 14 H 10’.

Il y a encore beaucoup de monde derrière les barrières. Ouf ! s’en est terminé de « La Pierre le Bigaut 2003». Vivement l’année prochaine en souhaitant d’aussi bonnes conditions climatiques. Sous la pluie, le charme de cette cyclo est totalement différent.

 

En chiffres, que représente cette cyclosportive, qui en terme de participation est classée 3ème sur le plan national après « l ‘Ardéchoise » et « L’étape du Tour ». Cette année la PLB a battu tous les records, quatre circuits au choix sont proposés – 26, 52, 100 et 155 Km. 5500 participants contre 4937 en 2002. Au total, ce sont 3500 bénévoles dont une soixantaine de motards privés qui n’ont cessé de se dévouer toute la journée pour assurer le confort, la sécurité et l’animation dans les 36 communes traversées. La gendarmerie était également présente. La belle échappée de l’édition 2003 de la « PLB » donne des gages de bonne santé à cette épreuve dont l’objectif reste de lutter contre la MUCO. D’ailleurs au total depuis la création de la « PLB » en 1992, ce sont sans compter la recette 2003, 2 446 545 euros qui ont ainsi été récoltés et reversés à la recherche contre cette maladie.

Enfin, la présence d’un grand champion, Laurent Jalabert, jeune retraité des pelotons pour parrainer cette épreuve a aussi contribué à cet énorme succès.

 

Epilogue : Le lendemain dimanche 29 juin, avec Alain, nous sommes allés voir le championnat de France de cyclisme sur route à Plumenec.

Dès 9 heures du matin, nous étions installés le long des balustrades, 100 mètres avant la ligne d’arrivée. Derrière nous, une buvette bien achalandée nous a permis de nous sustenter et de nous désaltérer à volonté. Les boissons étaient fraîches sauf naturellement le traditionnel petit verre régional de vin rouge qui lui était servi à température ambiante. Comme vous avez certainement pu le constater à la télévision, cette course a été particulièrement mouvementée.

Les 16 ascensions de la terrible côte de Cadoudal a sérieusement écrémé le peloton. Sur les 100 coureurs au départ, seuls 42 ont franchi la ligne d’arrivée. Ce qui nous a également beaucoup impressionné, c’est ce défilé des écoles de cyclisme bretonne , une vingtaine environ. Voir passer ces gamins de 5 – 6 ans, hauts comme trois pommes, entourés des plus grands, sur des vélos miniatures nous a vraiment émus. Malgré un timing assez serré, nous avons tout de même pris le temps, avant de reprendre la route pour Rambouillet, d’apprécier la cuisine bretonne et d’aller admirer quelques beaux paysages côtiers. Si un jour vous passez par Paimpol, allez à la pointe de l’Arcouest et si possible, prenez le temps de visiter cette île de « Bréhat » si douce et si fleurie. Vous ne serez pas déçu. (Je confirme, et je dirais même qu’il faut rester une semaine sur l’île, car elle est belle, le climat est très agréable, la végétation est digne du bassin méditerranéen et en plus vous ne pouvez circuler qu’à pied ou en VELO …- NDLR)

 

                                                                                     KENAVO – Jacques CLEC’H 

 

 

Le bagad de Carhaix animera les départs cyclistes à Callac

 

 

 

 

La Mucoviscidose c’est quoi ?

 

En quelques mots...

 

La Mucoviscidose n'est pas contagieuse, mais dans notre pays plus de 2 millions de personnes en bonne santé sont porteuses du gène défectueux et peuvent, sans le savoir, la transmettre à leur enfant.  
La maladie se traduit par une insuffisance respiratoire grave et des troubles digestifs permanents. La Mucoviscidose affecte la qualité du mucus, principalement dans les bronches et dans le tube digestif. Son épaississement anormal empêche son écoulement. Des lésions pulmonaires irréversibles apparaissent et conduisent à une insuffisance respiratoire chronique grave et évolutive. Le foie et le pancréas sont aussi touchés : les enzymes pancréatiques n'accomplissent pas la digestion des graisses entraînant l'apparition de diarrhées ou de constipation. 
Aucun traitement curatif n'existe et, à l'heure actuelle, on ne sait toujours pas guérir la Mucoviscidose. Toutefois les progrès de la recherche et des soins ont permis d'accroître l'espérance de vie des patients atteints de Mucoviscidose.

 

La Pierre Le Bigaut (PLB) c’est quoi ?

Le but de l'existence de la PLB et de la RandoMuco

En 1992 les parents d'enfants atteints de la mucoviscidose, se regroupent en une association " La Pierre Le Bigaut - Mucoviscidose" dont les objectifs sont les suivants:

Informer le public sur la mucoviscidose, une maladie génétique attaquant les voies respiratoires et digestives.

Aider à la progression de la qualité des soins et de l'évolution des recherches.

Apporter aux chercheurs bretons le complément financier nécessaire pour faire aboutir leurs études visant à améliorer la lutte contre la maladie, voire à l'éradiquer.


C'est ainsi que, pour permettre la récolte des fonds nécessaires à la lutte contre cette maladie méconnue, la cyclosportive a vu le jour en 1992 rapidement suivie par la RandoMuco.

Si la cyclosportive "La Pierre Le Bigaut ou PLB" ( site Internet : http://plbrandomuco.free.fr) s'adresse aux cyclosportifs et cyclotouristes avec des circuits de 50 à 155 km, la RandoMuco quant à elle est plus particulièrement dédiée aux Vététistes et marcheurs. Elle a été enrichie en 1999 d'un parcours équestre et en 2000 d'un circuit de Trail et d'une descente en kayak. Voici quelques photos de la RandoMuco. Pourquoi ne pas l’inscrire au challenge en 2004 ?

  

L'objectif clairement défini par " La Pierre Le Bigaut " est de contribuer à VAINCRE LA MUCOVISCIDOSE, en donnant aux chercheurs les moyens de gagner... du temps.

Vaincre la Mucoviscidose - 181, rue de Tolbiac - 75013 Paris. Tél : 01 40 78 91 91. Site Internet : http://www.vaincrelamuco.org