Bordeaux
- Paris 2000

Revenons au mois de juin 2000 plus exactement au 23 juin. 11 rue de la paix sorganisait une concentration de véhicules pour transporter plusieurs vélos et plusieurs cyclistes ! Je souhaite revenir sur cette date, car elle est laboutissement dune préparation sportive importante, la conclusion de plusieurs appels téléphoniques, le terme dune réunion préparatoire à cette merveilleuse aventure qui consiste à traverser une partie de la France, depuis Bordeaux, ville départ jusquaux Clayes-sous-bois, ville arrivée. Soit la bagatelle de 640 Km, car bien évidemment nous ne passons pas en ligne droite et non plus pas par lautoroute. Dailleurs, cela me rappelle une question du bourgmestre de Waterloo sétonnant quil existât une distance de 540 Km entre Rambouillet et sa ville ! Pour lui, en voiture, il ne trouvait que 350 Km !!!
Nous devons le plaisir de ce départ au dévouement de nos accompagnateurs qui ont répondu présents pour nous conduire jusquà Bordeaux et pour ensuite nous assister durant le périple. Ils ont accepté de passer comme nous une nuit de vendredi à samedi très courte et de rester deux jours et une nuit sans dormir ! Je souhaite en mon nom et au nom de tous mes camarades leur dire un grand merci. Vous ne pouvez pas savoir combien il est rassurant dêtre suivi par un véhicule et de pouvoir à tout moment le joindre. Il est vrai, grâce à la grande diffusion du téléphone portable.
Je nomme ici nos compagnons daventure :
René Rivière : je ladmire pour son dévouement et sa faculté de répondre toujours présent pour les copains,
Jean Milési : comme René, il est toujours partant pour des aventures au long court,
André Thébault : il appartient à notre club, mais ayant des soucis au niveau de la colonne vertébrale, ne roule plus beaucoup avec nous ; à tout de suite répondu, OUI, sans me connaître
Bernard Aubry ancien compétiteur, toujours prêt pour vivre de nouvelles aventures. Il a tout de suite, répondu : « on y va »,
Patrick Cuvelier (le beau-frère de Denis Barthélémi) qui accepta de suivre Denis, en nous aidant à organiser ce départ et véhicula bagages et cyclistes.
Nous souhaitons Claude, Jean-Marie, André dit Coco, Christian, Denis, Jean et moi-même vous remercier de votre gentillesse et de votre dévouement à notre cause qui bien quelle ne fasse pas partie des grandes et nobles causes de lhistoire de lhumanité est pour nous cyclistes invétérés la plus grande et la plus belle cause de cette année 2000.
Parlons un peu de cette aventure qui pour la plupart des membres de notre groupe constitua une première. Jamais nous navions fait autant de kilomètres à la fois. Jamais nous navions roulé de nuit. Comment allions nous nous alimenter ? Serions-nous sujets à lendormissement ? Que de questions pour lesquelles nous espérions des réponses positives.
La route du vendredi en direction de Bordeaux sest
passée admirablement bien. Nous avons fait un joyeux pique-nique sur une aire
dautoroute. Dailleurs vous pouvez voir des photos de ce moment privilégié.
Nous partons entre copains sans encore nous poser de questions sur ce qui nous attend le
lendemain. Au fait, vous imaginerez sans mal notre sujet de conversation durant le trajet,
dans les trois voitures sans exception : « mais si voyons,
réfléchissez ! » Oui le vélo, encore le vélo. Patrick qui est plutôt
marathonien, mais qui a déjà fait du vélo, nous a confié le soir avoir envie de
remonter sur un vélo. Sommes-nous une force de persuasion involontaire ?
Nous arrivons comme prévu le vendredi soir vers 17 heures à lhôtel. Comme tous ceux des environs, il est pris dassaut par des hordes de cyclistes.
Pendant que Christian récupère les clefs des chambres, Patrick et moi allons chercher les dossards et les plaques de cadres.
Pendant ce temps Denis est arrivé à lhôtel avec un carton de bananes et avec un autre carton de belles cerises rouges. Quel délice, mais aussi le lendemain quelle bonne odeur dans la voiture. Pendant que lon distribue les plaques de cadres arrivent nos amis Christophe Bocquet, Philippe Deplaix, Jean-Marc Lugaro, accompagné de Jean-Patrick Charraud.
Jean-Marc nous incite avec force à partir avec son groupe en formule cyclosportive. Très peu pour nous ! Jean-Marie lui répond que si jamais lui Jean-Marc, devait nous rejoindre dans la côte de Beynes, il lui ferait voir sa roue arrière et ne se laisserait pas dépasser.
Chacun va dans sa chambre pour préparer son vélo et nous décidons de nous retrouver vers 19 heures pour aller dîner. Quelquun nous a dit que le « Flunch » près de Carrefour est bien. Daccord pour le Flunch ! Mais nous hésitons, prenons-nous les véhicules ou bien y allons-nous à pied ? Il paraît que ce nest pas loin. Dans le doute abstiens-toi dit le proverbe. Moralité, nous prenons les voitures. Heureusement, car il y a bien 7 kilomètres. Arrivé au restaurant, tout le monde se précipite sur les plats. Sauf Jean-Marie, Denis, Jean et moi qui cherchons désespérément les pâtes. Enfer, il ny a pas de cette précieuse denrée. Damnation, que faire ? Nos compagnons ont déjà leurs plateaux garnis. Ils acceptent avec mansuétude que nous cherchions un autre restaurant et que nous ne dînions pas ensemble.
Nous voilà repartis. Nous cherchons et nous finissons par trouver un restaurant italien dans une petite cour. Le patron se veut humoriste, la serveuse est habillée dune jupe noire maculée sur larrière dempreintes de main farineuses. Elle nous désigne une arrière salle fort agréable ma fois. De plus le soleil était avec nous qui inondait cette pièce. Nous commandons des pâtes et du poulet, sauf Patrick qui avait libre choix en sa qualité de chauffeur.
Au cours de cette soirée nous avons devisé allègrement sur la façon de nous organiser pendant la course Bordeaux Paris. Plan de bataille édifié à partir de cartes et du parcours remis par les organisateurs. Après avoir bien mangé, nous rentrâmes à lhôtel. Les copains conducteurs nous attendaient pour avoir les numéros des téléphones portables. Ils souhaitaient connaître notre plan de route pour le lendemain. Sûrs de nous, nous leur précisons quil avaient quà deviser avec Patrick pour connaître la marche à suivre. En gros, nous avions décidé de nous arrêter tous les 100 Km pour nous restaurer, et que nous essayerons de rester ensemble jusquà Orléans la Source ensuite, ce sera le chacun pour soi.
Tous les cyclistes vont se coucher. Je retrouve mon ami Christian déjà couché et en train de lire devinez quoi ; « Cyclo Passion », bien sûr !Nous étions au rez-de-chaussée, et il faisait chaud. Nous convenons douvrir la fenêtre donnant sur le parking. Vers minuit, un bruit de camionnette se fit entendre sous notre fenêtre. Le bruit, puis ensuite lodeur nauséabonde du diesel nous réveilla. On se rendormit après avoir refermé la fenêtre. 4 heures : le réveil sonne ! Il faut se préparer pour aller rejoindre la ligne de départ qui se trouve à plusieurs kilomètres de lhôtel.
Pour Coco, tout va bien car il ne part que laprès midi avec les cyclosportifs. Mais peut-on dormir correctement quand une grande partie de lhôtel se lève et part en même temps ?
Nous arrivons à la salle de départ. Nous décidons de nous restaurer. Ensuite nous faisons contrôler léclairage des vélos. 6 heures approche. Je rejoins Jean-Marie et Christian. Denis et Jean sont plus loin, à notre droite. Jean-Marie mindique que lon peut se faufiler plus en avant. Daccord ! on y va. Une voiture de lorganisation qui doit ouvrir la route arrive au même moment. Vite on se glisse derrière elle. Grâce à elle nous traversons les flots de vélos et nous nous retrouvons en première position. Enfin, le signal de départ est donné. Nous partons mais nous devons rester derrière les motos et les voitures. Denis et Jean nous retrouvent. Nous sommes contenus pendant plusieurs kilomètres. Enfin, la permission de rouler est donnée. Tout de suite grosse accélération. Une quarantaine de coureurs partent à toute vitesse ; Claude est parmi eux. Jean-Marie et moi restons dans le deuxième groupe. Christian nous rejoint. Notre groupe doit être composé de 150 à 200 coureurs. A 60 kilomètres du départ nous passons devant nos chauffeurs et nous leur crions que tout va bien. Ils nous dépassent un peu plus loin. Tiens ! la pluie fait son apparition. Pas une grosse pluie, mais des petites gouttes de temps en temps. Avec Jean-Marie nous restons bien au chaud vers la fin du paquet. Vers le 80ème kilomètre une petite descente avec quelques virages. La route est un peu humide. Jentends une chute derrière moi : un coureur glisse dans le virage. On attaque un petit dénivelé. Tout dun coup, ma roue arrière se bloque, je pars en dérapage. Je me dis « Merde, jai cassé ma chaîne ou bien le dérailleur, cest fini pour toi le Bordeaux Paris ! ». Maintenant essaye de tomber sans trop te faire de mal. Je force le vélo à se mettre en travers, et je pars en glissade sur le côté gauche. Enfin jarrête de glisser. Tout de suite je regarde si des vélos arrivent sur moi. Non, il y a une cassure entre les vélos et moi, certainement dûe à la chute dans la descente. Je me précipite sur le bas côté pour ne pas faire tomber dautres cyclistes. Les coureurs passent à droite et à gauche du vélo. Je retourne vers mon vélo, pensant que tout est fini. Mais, cest incroyable, ce qui a stoppé net ma roue, cest mon coupe-vent, sorti de ma poche arrière et qui est pris dans le frein, le dérailleur et les pignons. Je mengueule, je crie ma hargne, et avec rage je retire le coupe-vent. Ce faisant, je constate que la chaîne nest pas cassée que la roue tourne correctement, que les vitesses passent bien. Génial, je peux repartir. Mon ami Christian arrive sur ces entrefaits. Jean-Marie avait entendu ma chute mais remarquant que je me relevais rapidement pensait que je reviendrai assez vite. Ne me voyant pas revenir, il a fait demi-tour. Il me voit retirer mon coupe-vent, il mindique pourtant que celui-ci était bien rangé dans ma poche. Que sest-il passé : un appel dair ? je pense surtout au tissu de notre nouveau maillot qui est à mon avis plus lisse, moins « adhésif » que lancien.
Je vous recommande de faire attention quand vous mettez votre coupe-vent dans les poches arrières, il y a un risque. Pour ma part maintenant je le mets sous mon maillot, sur mon ventre.
Nous repartons : quelques kilomètres plus loin, je maperçois que lattache rapide de ma roue avant est bizarre. Je marrête à nouveau. Heureusement car ma fourche nétait pas correctement engagée sur laxe de roue. Je rectifie, nous repartons. Plusieurs kilomètres plus loin, notre ami Christian sarrête. Nous ne comprenons pas pourquoi. Nous lattendons. Il arrive et nous apprend quil lui est arrivé la même chose quà moi. Fort heureusement, il sen est rendu compte tout de suite et a pu sarrêter avant la chute.
Au 100ème kilomètre, nous nous arrêtons pour nous restaurer un peu et changer de bidon. Ma cuisse gauche me chauffe, je commence à avoir mal à la main. Dans la chute, jai protégé mon corps avec mon bras. Jai un hématome et je ne peux plus serrer mon cintre avec la main gauche. Par chance, cest le côté des changements de plateaux. Et quand je pose ma main à plat sur le guidon je ressens moins la douleur.
Denis et Jean nous dépassent. Ils ne sarrêtent pas. Ils sont bien dans leur groupe, ils continuent.
Nous repartons, Christian ne se sent pas en forme, il a les jambes dures. Il nous indique que nous pouvons rouler, il se débrouillera tout seul.
Notre beau plan de bataille de la veille vole en éclat !
Nous arrivons au premier contrôle, à Ruelle, au kilomètre 140, à
10h40. Rapidement nous faisons tamponner notre carte de route sans descendre de
vélo. A partir de ce moment-là nous avons commencé un parcours de montagnes russes et
de longs faux plats et ceci jusquau 530ème kilomètre (au total plus de
3000 mètres de dénivelé). Jean-Marie me dit : « je suis sûr que Denis et
Jean ne sont pas loin ». Petite accélération et nous les rattrapons très peu de
temps après. Ils nous indiquent quils souhaitent sarrêter pour se restaurer.
Pour notre part, nous continuons. Un groupe de vélos est au loin. Nous les rattrapons. On
roule avec eux, certains allument dans les bosses. Ceux-là même qui craqueront entre les
400 et 500ème kilomètres. Vers le 200ème kilomètres nous
aimerions bien voir la voiture parce que nous commençons à avoir faim. Nous nous
inquiétons : « pourquoi ne sont-ils pas là ? » Super, ils
arrivent, nous allons pouvoir nous restaurer. André et Bernard nous expliquent que le
retard est dû au fait quils ont mis les affaires de Christian dans la voiture de
Denis. Nous apprenons en même temps que Christian roule avec Denis et Jean. Il se sent
mieux. Nous sommes heureux dapprendre que notre ami a trouvé un meilleur rythme.
Nous mangeons et nous repartons pour arriver assez vite au second contrôle, à
Lisle-Jourdain au kilomètre 233. Nous pointons. Nous pouvons dire quà partir de ce
moment, Jean-Marie et moi avons le plus souvent roulé tous les deux. Nous arrivons au
troisième contrôle, à Chauvigny, au kilomètre 276. Cest une belle ville. Peu
après Chauvigny, nous traversons une des plus beaux villages de France
«Angles-sur-l'Anglin ».
Nos chauffeurs nous attendent à sa sortie. Nous mangeons, nous nous nettoyons et nous nous pommadons les jambes.
Cela nous demande une bonne vingtaine de minutes. Nous repartons pour Martizay, point de contrôle 4 au kilomètre 321. Comme à notre habitude nous pointons - il est 18h00 - et nous repartons tout de suite. A partir de ce moment je me dis que jeffectue une première comme pour mes compagnons, car nous avions fait, le 1er juin, dans le cadre de la préparation pour cette sortie, 330 Km. Pour Denis, Jean-Marie, Jean et moi cétait alors notre plus longue distance à vélo. Maintenant nous améliorions notre score.
Après Martizay, nous revenons sur un cycliste puis, quelques dizaines de kilomètres plus loin, sur un autre (qui appartenait au premier groupe). Nous roulons à un bon train et nous arrivons à Noyer, au kilomètres 395, à 20h20. Là, nous décidons de dîner car Jean-Marie commence à avoir une grosse faim et puis on nous propose du poulet avec des pâtes pour 25 francs. Nous faisons bombance avec nos fidèles chauffeurs. Ensuite, nous nous préparons pour la nuit car nous commencions à avoir froid avant darriver à Noyer. Nous passons les jambières, les manchettes et le coupe vent. Nous pensons que cest suffisant. Erreur ! Les températures vont être très basses, dailleurs le dimanche matin, Emile Glotin et sa femme nous ont dit que le thermomètre était descendu à 5 degrés. Nous quittons Noyer et, à la sortie de la ville, des supportrices nous acclament en chantant à tue-tête « Ils sont les meilleurs, ils sont les meilleurs » jai oublié la suite, mais sachez que cela fait plaisir à entendre. La nuit tombe très rapidement. Nous sentons le froid qui commence à nous pénétrer. Les premiers picotements apparaissent au bout de nos doigts. Nous navons pas pensé que les températures seraient si basses et quil fallait prévoir des vêtements et des gants dhiver. Pour Jean-Marie ça va, moi je narrive pas à malimenter ni à boire. Nous roulons de nuit. Nous traversons des forêts et nous entendons des bruits danimaux bizarres. A un moment jentends un grand cri. Je minquiète et demande à Jean-Marie si tout va bien ? Il me répond que oui et me dit que cest sa méthode pour ne pas sendormir. La nuit notre attention est fixée soit sur un petit morceau de route qui se dessine dans nos phares ou bien sur la roue arrière de notre compagnon de route. Heureusement nous étions convenus avec nos chauffeurs quils nous suivraient pour que nous bénéficions des phares de la voiture. Un cycliste nous rejoint. Il fait une tentative daccélération. Nous restons dans sa roue. Moi je commence à en avoir marre. Orléans napparaît toujours pas. Je demande à Jean-Marie où nous en sommes. Il se renseigne auprès des chauffeurs. Il me dit quil reste 10 kilomètres avant le contrôle et me demande si je souhaite marrêter. Non pour 10 kilomètres on peut continuer. Enfin le ciel séclaircit des lumière de la ville. Cest Orléans enfin. Nous avons limpression de faire des tours et des détours dans la ville pour parvenir finalement au centre des loisirs, notre point de contrôle à 0H 15 au kilomètre 481. Nous rentrons dans une salle chaude et animée. On nous offre la possibilité de nous nourrir. Nous prenons nos plateaux et nous nous installons à une table. Nous commençons à discuter avec un autre coureur. Je commence à ne pas me sentir bien. Je dis à Jean-Marie quil faut que je sorte. Jai juste le temps de sortir, de mallonger sur le sol et cest lextinction des feux pendant quelques secondes. Je reviens à moi, des tas de personnes me demandent si ça va aller. André, Jean-Marie, Bernard mindiquent quil y a des vestiaires, moins chauds. Jy vais. Je me change. André et Bernard me disent quil faut que je mhabille plus chaudement. Jajoute des tee-shirts. Je commence à manger un peu. Jean-Marie pendant ce temps change les piles de ma lumière qui sont mortes. Nous apprenons que notre ami Claude a abandonné à cause de son genou qui le fait souffrir. Après une bonne heure darrêt nous repartons. Normalement nous en avons fini avec les bosses. Mais cela continue. Je demande à la voiture de sarrêter. Je réalise que jai de lOverstim.s 640 dans mes affaires. Pour me refaire une santé, il faut que je me prépare un bidon. Nous repartons. Enfin commence la Beauce, des longues lignes droites, plus de bosses. Nous doublons quelques groupes pour arriver à Autruy-sur-Juine au kilomètre 528. Il est 3h 45. Le contrôle, comme la plupart dentre eux, se trouve dans un bar. Nous décidons de prendre un café. Nous arrivons en terrain connu car Jean-Marie connaît les gens qui tiennent le bar. Arrivent quelques cyclistes dont un qui a chuté car il sest endormi sur son vélo. Il ne sest pas fait mal. Nous repartons pour la dernière étape : 110 km quand même ! Je me sens mieux, nous reprenons notre cadence. Nous rejoignons des cyclistes, que nous dépassons. Certains restent dans nos roues jusquau lever du jour. Ils nous remercient de les avoir tirés. Il y en a un qui avoue quil a envie de dormir. Nous arrivons à le convaincre de sarrêter dans un village pour dormir un peu. Il obtempère. Nous sommes rassurés. Nous roulons sur des routes que nous connaissons bien. Nous passons à Ablis, la ville de Coco. Dailleurs il ma dit quil avait été heureux de passer par là car il avait pu prévenir sa femme pour quelle lui prenne son sac à dos : je vous le rappelle, Coco navait pas dassistance et était obligé de transporter tout ce qui lui fallait pour son périple. Nous partons vers Prunay-sous-Ablis, Orphin, Château Sauvage, Gazeran. Nous décidons de nous arrêter pour manger une dernière fois. Nous passons Saint-Léger, Montfort, Vicq. Soudain nous entendons des sirènes de motos, de voitures qui ouvrent la course. Je métonne auprès de Jean-Marie : Ce nest pas possible ! les cyclosportifs ne peuvent pas déjà arriver. Pourtant si, ce remue ménage nest pas pour nous ! Nous attaquons la côte de Beynes. Tout dun coup Jean-Marie accélère. Je ne peux pas suivre, tellement il tourne les jambes. Ah oui, bien sûr : il ne veut pas se faire doubler par Jean-Marc dans la côte. Dailleurs après la montée il mattend. Les motos suiveuses sont de plus en plus nombreuses. Nous sentons que les coureurs arrivent. A 100 mètres de larrivée, nous sommes obligés de nous arrêter. Huit hommes, tel des martiens arrivent à toute allure et sprintent pour la première place après 640 km de course. Ils auront mis 18h et 13 minutes. Le record précédent était de 19h 30. Nous terminons notre parcours. Un peu déboussolé, je marrête avant la ligne car je ne vois pas où est le contrôle. Un cycliste me dit que cest derrière la ligne, le dernier point de contrôle. Je termine, Jean-Marie est déjà arrivé. On pointe mon temps : 26H 29. Pour Jean-Marie 26H 28. Nous sommes heureux. Nous prenons un pot en attendant nos chauffeurs. Nous nen revenons pas : nous lavons fait ! Nous nous sentons sur une autre planète. Une grande joie nous habite, nous sommes sur un petit nuage. Le vélo peut procurer des souffrances, mais aussi de grandes joies. Et là cest une joie immense qui nous envahit.
Nous chargeons les vélos dans la voiture, André met le contact, Bernard lui indique le chemin pour sortir des Clayes, Jean-Marie et moi-même nous sommes heureux davoir réussi, de nous être aussi bien entendus et nous narrêtons pas de dire « Nous lavons fait ». En repartant par Montfort nous croisons Christian et Denis qui en finissent avec leur parcours
Plus tard, nous apprendrons que Jean a abandonné du côté de Gazeran. Pour nous Jean, tu las fait ton Bordeaux-Paris.
Jean-Luc Bernard
Voici les résultats de lensemble des membres du CTR et des compagnons proches :
Je vous rappelle quil y avait 1605 inscrits pour 1412 arrivants.
| Position | Nom |
Temps |
| 10 | Philippe Deplaix | 18H 58 |
| 15 | Christophe Bocquet | 19H 05 |
| 24 | Jean-Marc Lugaro | 19H 07 |
| 107 | André Ialenti (Coco) | 22H 26 |
| 303 | Jean-Marie Masson | 26H 28 |
| 305 | Jean-Luc Bernard | 26H 29 |
| 400 | Denis Barthélémy | 28H 32 |
| 404 | Christian Jolly | 28H 33 |