BORDEAUX-PARIS 2002
(en réalité Cenon Rambouillet)

Organisation du club Touristes Cyclosportifs de Guyenne (TCG) et des Cyclotouristes de Rambouillet (CTR). Distance officielle 628km, (à mon compteur : 638).

Trois formules proposées :

- cyclotouristes, parcours à effectuer en moins de 60h, départ le Ve 21 juin à 6h.

- randonneurs, parcours à effectuer en moins de 36h, départ le Sa 22 juin à 6h.

- cyclosportifs, parcours à effectuer en moins de 28h, départ le Sa 22 juin à 14h.

 

Six contrôles (C ) le long du parcours + départ et arrivée.

En 2002, à peu près 1650 engagés (250, 1000 et 400).

 

C

ette épreuve un peu mythique qui était réservée à des professionnels a été relancée il y a quelques années pour des amateurs de randonnées ou de cyclosportives. Une quinzaine de sportifs de Rambouillet Olympique et du CTR se sont lancés dans l’aventure se répartissant entre randonneurs et cyclosportifs.

En ce qui me concerne, la catégorie cyclosportive étant hors de mes moyens, restait la formule randonneurs.

 

Départ à 6h, les organisateurs du TCG nous conduisent à vitesse réduite jusqu’à la première côte vers Camarsac et laisse alors le peloton s’organiser, ce qui se traduit par des accélérations relativement importantes et des a-coups qu’il faut gérer sur un parcours roulant sans grosses difficultés. Avec mes compagnons de route (250 à 300 cyclistes) nous pointons au 1er contrôle de RUELLE à 10h20 après 140km.

Très peu d’arrêt, nous sommes encore en pleine forme, même si mon compagnon de route prévu au départ, Jean Cordonnier du CTR, estime que cela va trop vite pour lui.

 On repart pour l’ISLE-JOURDAIN, 90km plus loin, le parcours devient un peu plus vallonné et les gros pelotons du début ont disparu, des groupes s’organisent pour commencer à gérer la distance que chacun doit avoir en tête. Les voitures accompagnatrices peuvent se rapprocher des randonneurs et apporter un peu de réconfort (ceci est quelque chose de très important le long de tout le parcours et Claude Kamarad est excellent dans cette tache relativement ingrate et fatigante : il s’arrête, s’enquiert de nos désidératas, nous remplit les bidons, nous donne une banane, etc et va nous attendre 30 ou 40km plus loin. De toute façon nous sommes relié par portables et il n’est jamais bien loin.

Arrivée à C2 à 14h, et là on commence sérieusement à penser qu’un élément naturel va jouer un rôle important : le soleil! Il va surtout être important de boire beaucoup et souvent et de bien s’alimenter.

On repart après un temps d’arrêt d’une quinzaine de minute, et sur mon vélo je déguste mon sandwich, me désaltère et récupère. Pendant ce temps JC trouve qu’un groupe qui passait lui semble à sa main et il se laisse entraîner me signalant que ce serait très bien de profiter du wagon qui roule gentiment. Le temps de déguster mon frugal repas et le groupe est passé.

Terminé pour moi, je ne les reverrai pas avant le contrôle C3, 80km plus loin. Les côtes qui maintenant se succèdent, le soleil, la route souvent seul (l’erreur commise est de n’avoir pas attendu un autre peloton), l’addition à C3 est de 25 minutes de retard sur JC qui lui, semble en peine forme et accroche à son palmarès des distances qu’il n’avait jamais réalisées auparavant. Quant à moi je pointe à ce contrôle après 310km, à 18h. Ravitaillement, eau à bulles, on se force pour la banane et je reste 1h sur place.

 

MARTIZAY-NOYERS : l’étape la plus difficile pour moi, la chaleur m’empêche de m’alimenter, les boissons sucrées ne passent pas, bref le moral s’en ressent et c’est JC qui me tire pratiquement sur les 60km jusqu’à C4, pointage à 21h30. La partie la plus difficile est faite mais mon moral a baissé et il m’est venu à l’esprit que je pouvais abandonner.

La prochaine étape dans 62km est SALBRIS qui sent bon la Sologne et ses difficultés routières largement atténuées. Mais il faut cependant rouler et penser à la nuit qui va venir, mettre les lumières, un coupe vent éventuellement, un collant long si on le désire, mais il n’est pas prévu de sac de couchage.

Départ à 22h15, avec Claude qui va nous éclairer la route. Tout de suite on se retrouve dans un groupe d’italiens et de français qui roule à une allure très convenable. On en profite et je commence à me sentir de nouveau bien avec la fraîcheur de la nuit. Finalement c’est une autre voiture suiveuse qui nous éclaire et nous permet de soutenir un train relativement rapide, même si JC trouve que vraiment à cette allure il ne tiendra pas longtemps. Il pense que pour quelqu’un qui n’a jamais dépassé les 250km, cela va être terrible d’aller au bout, mais il est persuadé qu’il doit y arriver (il y a 7 points au challenge).

 

Contrôle C5 à SALBRIS à 0h50. JC a légèrement décroché en final, mais il n’est pas loin avec Claude qui le suit. Ravitaillement bienvenu avec soupe, compote, banane, sandwich, boisson et pour moi tout passe, il n’en est pas de même pour JC. On va s’accorder une pause jusqu’à 2h30 avec 45 minutes de sommeil réparateur sur le bord d’une table. Claude essaie aussi de dormir, mais que d’un œil, car il a peur que l’on s’attarde trop longtemps.

On repart avec l’arrivée des 3 premiers cyclosportifs, gyrophare en marche, voitures suiveuses qui ouvrent la route, pointage et ravitaillement en 2 ou 3 minutes et ils repartent tous les 3 faire leur forcing ! C’est impressionnant. Les 5 suivants ne nous dépasseront que 30km plus loin.

 

Puis nous attaquons notre 2ème étape de nuit avec 116km jusqu’à AUTRY/SUR/JOUINE Je suis maintenant plus en forme que JC, mais il fait preuve d’un courage et d’une endurance qui me laisse admiratif. Claude assure la route pour nous pendant une soixantaine de km et on s’arrête un peu car lui aussi fatigue sérieusement : conduire seul à 25km/h n’est pas très facile. Le jour se lève et on peut libérer Claude, notre route est maintenant beaucoup plus sûre. Nous sommes doublé par les cyclosportifs et d’autres groupes de randonneurs (mais en définitive très peu) et arrivons à C6 à 8h15. Ouf ! après 550km, il ne nous reste plus qu’à faire une petite sortie du dimanche matin :80km.

 

Je prends un solide petit déjeuner sur place pendant que JC se repose. Je suis prêt à repartir à 9h, mais JC ne peut vraiment pas maintenant, il désire s’accorder encore du temps de récupération. Je repars donc seul, avec quelques provisions pour la route, Claude me rejoindra plus tard après une heure d’attente auprès de JC. Rien de spécial à signaler, je me suis trouver un groupe de cyclotouristes de Fontenay le Comte et le temps passe assez vite. Claude rentre directement sur Rambouillet, si on a besoin de lui on pourra toujours le contacter.

Vers Orphin, un cyclo de Rambouillet vient m’apporter sa protection et la vitesse s’en ressent. De même Dominique Ladiray est tout surpris de me retrouver entre les Bréviaires et Le Perray : d’après les estimations de Claude je devais être beaucoup plus loin. Les derniers km ne sont évidemment qu’une formalité, quel plaisir les applaudissements des copains sur le bord de la route.

Dernier pointage à l’arrivée, collège de Vivonne à 12h30 avec 638km à mon compteur.

JC arrivera une bonne heure plus tard, me laissant pantois sur sa performance.

Un grand merci à tous ceux qui se dévoués pour cette organisation.

Renseignements complémentaires auprès du rédacteur, Jean Lecomte.