J’irai revoir mon Ardéchoise.

Depuis le temps que je souhaitais faire cette randonnée ! Et voilà que notre club avait choisi « L’Ardéchoise » dans les randonnées qui comptent pour le challenge 2001.
Voulez-vous que je vous dise, que je vous crie, que je vous hurle, ma réaction a été le suivante : « extraordinaire, majestueux, fabuleux, démentiel, incomparable, démoniaque, excitant ! ». J’attendais avec plaisir ce jour merveilleux en espérant que des gars du club seraient partants. Et la joie fut au rendez-vous car un groupe d’une bonne quinzaine de personnes s’est inscrit.
Nous arrivons au 15 juin au matin, jour du départ pour Saint Félicien. Je suis tranquillement en train de me laver les dents quand, soudain, une affreuse douleur sur le côté droit me fauche dans la salle de bain. J’arrive à reprendre mes esprits et nous décidons de partir pour l’Ardéchoise. (Un mois après, plusieurs examens, le diagnostique est tombé « J’ai fait une pancréatique ». Mais par bonheur mon organisme a tout nettoyé, tout seul. « Bonheur »).
Revenons à notre Ardéchoise.
Je partais avec ma femme, car nous étions convenus que nous profiterions de ce voyage pour rester une semaine en Ardèche et découvrir ce merveilleux département. Je vous le dis : c’est vraiment une département agréable que l’on peut décomposer en trois parties :
Le nord avec ses montagnes, la forêt, quelques pâturages ; la difficulté de pénétrer les lieux, donne une impression de pauvreté.
Le centre du département, un peu moins montagneux avec des prairies et des forêts de châtaigniers dans lesquelles on trouve des girolles en quantité, des champs de myrtilles, de cassis, de framboises. Régions rêvées pour les randonneurs, les Vététistes car ils ont balisé plus de 700 km de chemins, de routes pour nous permettre de mieux découvrir la région.
Le sud du département se résume bien sous l’appellation « L’Ardèche méridionale ». Nous trouvons là, des petits coteaux, caillouteux, couverts de vignes ou de champs de lavande. Voici en quelques mots l’Ardèche telle que je l’ai perçue.
Revenons à notre départ pour Saint Félicien, à 45 km au sud de Saint Etienne, le vendredi 15 juin à 8h 15’. Nous passons par Ablis pour prendre notre copain Coco. Il était convenu que je le descende et qu’ensuite Christian Jacques le remonte (Christian était parti du côté de Toulon une semaine avant). Nous nous arrêtons à l’entrée de l’autoroute qui nous mènera à Orléans, Bourges, Clermont car nous devons retrouver l’ensemble des amis du club. Notre convoi se compose des personnes suivantes : Claude Renault et sa femme, Gérard Berland et sa femme, Bernard Gorget et sa femme, Christian Jolly, Jean-Philippe IOB, Georges Branchard, Jean Cordonnier et nous. J’apprends que notre compagnon René Pégourié est venu voir partir les gars de Rambouillet. Il est incorrigible, toujours insatiable, l’aventure ardéchoise l’aurait bien tenté.
Jean profite de l’arrêt pour appeler sa femme car il a oublié de prendre son engagement sur lequel est noté le numéro de départ. Les autres sont à peine partis de Rambouillet qu’il en profite pour aller faire un petit pipi dans la nature. Notre cortège se met en route. Les capitaines de route changent au cours du trajet. D’ailleurs mon ami Bernard, se demande ce que je fabrique car je le double à toute allure. Il pense que je suis comme sur le vélo, d’un seul coup je pars à toute vitesse sans que l’on comprenne pourquoi ! La raison de cette brutale accélération est de faire ralentir le convoi, car quelques voiture ont du mal à suivre. Tout rentre dans l’ordre. Nous faisons plusieurs arrêts. D’abord pour le café, ensuite pour le repas du midi. Chacun parle déjà de l’aventure qu’il va vivre. Notre parcours s’est bien déroulé avec de temps en temps de la pluie. Coco était insatiable sur l’Ardéchoise, révision des parcours, des dénivelés. Il se pose des questions sur les difficultés, sera-t-il en forme ? Quand on connaît le débordement d’énergie du garçon sur le vélo, on se dit que si lui il doute, alors là, comment va-t-on faire ? Passé Saint-Étienne, nous décidons de nous arrêter en haut du col de la République. Nous discutons tranquillement, quand Claude nous demande « Mais on attend qui ? ». C’est vrai nous sommes tous là, sauf Christian que nous avons perdu dans Saint-Étienne. Grâce au téléphone portable, nous sommes informé de son erreur de parcours. Il est convenu que l’on se retrouve à La Louvesc « chez les sœurs ». Nous repartons pour notre destination finale. La traversée d’Annonay est difficile. Nous pénétrons le nord de l’Ardèche, les routes sont très peu larges et sinueuses. Nous sommes tout le temps en train de monter ou de descendre. Nous avons un avant goût de notre ballade du lendemain. Merveille, nous franchissons le panneau annonciateur de notre arrivée « La Louvesc », tout le monde descend ! A peine sommes-nous entrés dans le village, que nous apercevons celui pour lequel on roule, l’un de nos sponsor, le roi de la pédale et de la canne à pêche, notre ami, Alain Debette. (Alain était parti la veille pour Chambéry. Le matin du 15 il était reparti de Chambéry pour nous rejoindre. Etant arrivé tôt ; il avait pu déjà reconnaître La Louvesc et Saint Félicien car il avait déjà récupéré son numéro de dossard). Nous apercevant tel un lynx, il fait la circulation et nous indique la route à prendre pour rejoindre notre « home » du week-end : le couvent de la congrégation des Sœurs du Cénacle. Monsieur Alain nous ouvre les énormes doubles portes pour que nous puissions nous garer nos voitures dans les allées du couvent. Nous devons faire attention car l’entrée est submergée de vélos et de cyclistes qui sont en pleine préparation pour le lendemain. Christian arrive et avec lui, nos réservations. Nous allons voir la sœur qui gère les réservations. Nous réglons notre séjour et nous nous retrouvons face à différents types de séjour. Le premier le plus agréable, ce sont des chambres avec douche, wc dans le bâtiment principal. Le deuxième que notre copain Alain nous fait découvrir est l’annexe. Chambre plutôt spartiate avec un petit lavabo séparé des lits grâce à un paravent. La douche et les wc sont communs à l’ensemble des chambres (une bonne dizaine). Le troisième se trouve dans le même parc mais dans un bâtiment composé de chambres, de douches communes qui se décomposent. Une horreur. Tout ceci pour le même prix. Quel honte ! il est vrai que nous devions nous installer dans un hôtel qui en cours de réfection, n’a pas eu les autorisations d’ouverture. Mais vraiment, autoriser l’hébergement dans ce type de bâtiment est inadmissible. Ils auraient dû nous payer pour y aller. Je comprends le désarroi de Jean-Philippe, Georges, Christian, Coco devant cet ersatz d’hôtellerie. Dans le prix était compris le repas, mais par correction, je ne peux pas vous décrire ce qu’il ont mangé. Si vous souhaitez plus d’informations, posez-leur la question. Pendant que chacun découvrait son gîte, Isabelle et Gérard Taille nous rejoignaient (ils arrivaient de Montpellier). Vers 18h 30’ on décide d’aller à Saint Félicien pour retirer nos dossards. Nous partons avec notre guide Alain. Nous sommes à une douzaine de kilomètres. En descente. En sachant que nous aurions des navettes de car avec remorque, entre St Félicien et La Louvesc, et que pour rejoindre le départ il fallait descendre, nous décidâmes de partir le lendemain en vélo. De plus les routes seront barrées aux véhicules très tôt demain matin. Nous arrivons à Saint Félicien, la Mecque du vélo. Rendez-vous compte on comptabilisera 10 522 partants. Alain nous dirige vers un énorme gymnase. A l’intérieur, des groupes classés par tranches de numéro de départ, nous attendent de pied ferme. En nous donnant un joli sac à dos qui comprend nos dossard, des revues, des documents, un petit pain, le bracelet électronique, un coupon réponse pour le tirage au sort du lendemain (qu’Alain se fait un plaisir de déposer dans les urnes), les bénévoles nous apportent toutes les informations souhaitées. Nous repartons vers La Louvesc car nous sommes attendus par les sœurs pour le repas du soir. On ne rigole pas avec les horaires. Nous nous retrouvons dans la salle commune du restaurant avec des cyclistes de tous les horizons. Les discutions sur l’épreuve vont bon train. Nous avons le plaisir, pour ceux qui sont venu avec leur épouse, d’avoir en cadeau un vélo en gâteau très particulier, créé par le pâtissier de La Louvesc. Pendant que nous étions descendus à St Félicien, nos épouses ont découvert le village et leur spécialités pour nous en faire profiter. Au cours du repas, Gérard Berland me demande de quelle façon il faut aborder le parcours vu le dénivelé et la distance. Après maintes lectures sur le sujet, je lui indique qu’il faut rouler à sa main, mesurer ses efforts tout au long du parcours, en garder sous la pédale, et ne se donner complètement que sur la fin du parcours. Gérard Taille acquiesce. Je leur indique que mon rêve serait de partir en dernière position et de remonter tous les cyclistes durant le parcours. Vous vous imaginez une marée cycliste de plus de dix mille personnes. Pour le repas les sœurs étaient bien rodées. C’est la dixième année d’existence de l’Ardéchoise. Les sœurs savaient ce qu’il fallait préparer : une bonne soupe, suivie de tranches de porc accompagné de pâtes, de fromage et de crème avec des petits gâteaux et des fruits. Après ce bon repas, tout le monde décide de s’en retourner dans les chambres pour préparer les vélos. Nous convenons de nous retrouver au petit déjeuner à 6 heures. Pour ma part après la préparation du vélo, je suis allé faire un tour avec ma femme dans La Louvesc. La pluie s’est mise à tomber avec force. La température n’était pas très en hausse. Je pensais à la journée du lendemain : avec un temps pareil, comme le dit si bien Bernard « Quelle galère ».
Lever à 5 h 30’, préparation en silence car ma femme dort. Je
retrouve les copains au petit déjeuner. Tous plus ou moins réveillés, nous
essayons de nous motiver, de manger pour cette journée qui se prépare. Gérard
Berland m’indique que dans les revues offertes par l’organisation, il a trouvé
un article qui confirmait qu’il fallait partir raisonnablement, en garder, ne
pas se précipiter. Nous enfourchons notre vélo et nous partons pour St Félicien.
A peine sommes-nous partis que la pluie fait son apparition, pas violente mais
un crachin constant. Les températures sont basses, pas d’échauffement car nous
sommes en descente; la tension nerveuse est importante car il faut faire
attention à ne pas chuter avec la route humide et les voitures qui nous doublent
pour rejoindre le départ. Nous finissons par arriver à St Félicien, nous
remarquons que sur la route sont peintes des tranches de numéros. Nous cherchons
notre tranche pour attendre le départ. Il est 7 heures. Il y a déjà beaucoup de
monde. Certains se réfugient dans des abris car la pluie continue de tomber. Un
couple d’habitants nous surplombent de leur terrasse. Des gars devant nous les
interpellent : « Il fait froid, on aimerait bien un petit café, s’il vous
plaît ». Tout le monde rigole, mais quelques minutes plus tard, un murmure
s’élève de la foule car on voit arriver notre admirateur avec des tasses à café
fumantes. Les cyclos qui avaient demandé ce service sont pris à leur propre
piège. Ils souhaitaient un café, et bien foi, d’ardéchois, ils auront leur café.
Bien évidemment vous imaginez quelques centaines de personnes, demandant
d’autres cafés, des gâteaux, des boissons, des parapluies …. Nous commençons par
bouger. Le départ est à 7 h 30’. Bon an mal an nous avançons, petit à petit je
me retrouve séparé du groupe. Plusieurs rues convergent vers le départ. Peu
avant de passer sous le portique électronique, on nous distribue des petits
chaussons au pomme. Voilà le portique de départ
, nous devons
passé sur un tapis capteur en mettant bien la jambe qui supporte le bracelet
électronique vers le bas. Un bip se fait entendre, il enregistre mon départ à 8h
17’ et 21 secondes (précis le bracelet électronique). Maintenant, vogue la
galère. Très vite je me lance à la poursuite des vélos, léger faux plat, petite
descente et en avant pour le premier col, le col du Buisson. La route est
réservée au seul cyclos. Je pense déjà au retour, car on reviendra par là et se
sera terminé. Ma douleur sur le côté droit est toujours présente; le froid, la
pluie sont là, ma décision est prise : « mon bonhomme tu ne feras que les
Boutières, pour l’Ardéchoise il faudra revenir ». Je grimpe à un bon rythme. Je
double des dizaines et des dizaines de concurrents. Je me fais doubler aussi,
mais pas trop. Arrivé au sommet on plonge vers Nozières. Je vous rappelle que la
route est humide, que nous sommes en Ardèche et l’on peut dire que le revêtement
laisse à désirer. Alors n’étant pas un grand téméraire, je descends à bonne
vitesse mais en faisant attention car je vous le rappelle qu’on ne trouve pas 3
mètres de route sans un vélo. Je dépasse des vélos, mais je me fait doubler
copieusement par des dizaines et des dizaines de cyclistes. Je rage, je viens de
faire des efforts pour grimper ce col et j’ai l’impression que cela n’a servi à
rien. Je commence à constater que j’ai raison de faire attention car on commence
à trouver quelques cyclistes à terre. On se console comme on peut, non ? La
descente se termine à Lamastre. Quelques hectomètres avant de rentrer dans la
ville, qui me dépasse ? Coco, suivi comme son ombre par Christian Jacques. Coco
en me dépassant croyait que j’étais Christian Chevalier (pourtant on n’a pas le
même gabarit, on apprendra au retour qu’il a été retenu à Paris à cause de son
travail). Je passe la plaque, j’accélère dans le village et je les rejoins. Ils
sont déjà sur un bon rythme. Je reste dans leur roue. Nous sommes déjà dans le
col des Nonières. Ils sont toujours sur la plaque, Coco et Christian se
relaient. On passe à toute vitesse des concurrents. Je commence à marquer le
pas. Si je continue comme ça, on va me ramasser à la petite cuillère. Je les
laisse partir. Je redescends le 42. Ouf on respire un peu mieux. Route toujours
fermée à la circulation, dépassement de cyclistes, le pied quoi ! Ce col n’est
pas vraiment difficile, on pourrait plutôt parler d’un long faux plat, la maxi
en pourcentage sur 2,5 Km est de 4,9%. Il faut noter que tout au long du
parcours vous trouvez des inscriptions, des distances par rapport au col, des
décorations faites par les villageois, des banderoles de l’Ardéchoise, des
panneaux remerciant les régions ou les pays d’être venu sur l’Ardéchoise comme
« Ils ont du coffre les Suisses ».
Après avoir franchi le col des Nonières, on descend sur Le Cheylard. On entend des sirènes de pompier. « Fais gaffe, la chaussée est mauvaise ». Au détour d’un virage, qui vois-je sur le bord de la route, Christian et Coco. Coco a crevé ! non, pas lui, mais sa roue arrière. Ils m’interpellent. Je passe devant eux sans m’arrêter. Christian ne comprend pas. Et la solidarité bon sans. Heureusement, j’avais dit à Coco tout à l’heure, que je ne faisais que les Boutières. Il l’explique à Christian qui comprend mieux mon désintérêt pour eux. Pour ma part dans quelques kilomètres je prendrais le chemin du retour, alors qu’eux, ont dans la tête « La vélo marathon », un truc de dingue, 268 Km, 5175 m de dénivelé. Après être passé devant eux, je rencontre des gendarmes qui nous demandent de ralentir : la route est glissante, des cyclistes ont chuté. Je redouble d’attention. Je n’ai envie ni de me casser ni de casser mon vélo. En arrivant dans le Cheylard, des gars de l’organisation indiquent que pour les Boutières il faut passer à droite sur le pont, pour les autres parcours il faut continuer tout droit. Je tourne à droite, mais pendant quelques instants, j’ai du mal à avaler ma décision. Ma petit douleur sur le côté droit étant toujours là, me rappelle que c’est plus sage. Des enfants me tendent des gobelets d’eau. J’en attrape un au vol. Zut ! de l’eau pétillante, ça gargouille dans le ventre. Allez on repart. Comme d’habitude pas de plat, tout de suite il faut appuyer sur les pédales. Dans un village, on nous fait passer sur un tapis électronique pour enregistrer notre temps intermédiaire qui détermine le parcours choisi. On retrouve la boucle de retour commune, il faut faire attention car la route n’est plus réservé aux seuls cyclos. On s’attaque au col des Clavières. Le soleil fait de timides apparitions. Je joue au chat et à la souris avec deux cyclistes. Ils me doublent, je les rattrape, ils me redoublent, mais les efforts commencent par se faire payer et oh ! miracle arrive un contrôle avec ravitaillement. Je m’arrête. D’abord il faut bien se rendre compte que vous vous trouvez devant de longues tables garnies de fruits frais, de fruits secs, de crème de marron en tube, de gâteaux, de chocolat, de sandwichs …etc.…. Vous avez beaucoup de personnes pour vous servir, des groupes d’enfants qui encouragent les cyclistes qui repartent. Vous vous trouvez dans une ambiance de fête. Je me restaure copieusement, je bois beaucoup. Je me sens mieux et je repars sous les encouragements des enfants. Je ne vous ai pas parlé des paysages traversés : vous vous trouvez dans des zones de moyenne montagne, avec des forêts et des cours d’eau, vous trouvez quelques prairies où broutent les vaches. Alain qui a fait la Volcanique, a eu le plaisir de monter le col Mezilhac entouré par les genêts. Comme il me l’a dit le soir « On roulait dans un doux parfum ». Il faut encore monter un peu puis c’est la descente pour recommencer le col de Rochepaule. En haut de ce col à nouveau un ravitaillement. Pas d’hésitation, je m’arrête. J’ai encore un petit creux. Je mange plusieurs quartiers d’orange, des petits chaussons aux pommes délicieux. Je bois bien et go pour le dernier morceau, le col du Buisson. Belle descente, le temps est beau, la route est belle. Je roule avec un gars à vive allure. Le pied. Tout à coup barrière, heureusement des personnes nous indiquent qu’il faut tourner à gauche ! vitesse, angle droit : j’ai bien failli faire connaissance avec les buissons (avant d’attaquer le col du Buisson). Tout va bien, pas de crevaison, alors que je suis monté largement sur le bas côté. On plonge dans le lit d’une rivière à sec, et on attaque le col. Vous êtes tout de suite mis dans le bain. Sur des panneaux qui longent la route , on vous annonce les pourcentages que l’on va rencontrer. 15 % sur 300 m. « Holà mon bonhomme tu as un 32, non ? Et bien c’est le moment de le passer ». Aussitôt dit, aussitôt fait. Heureusement, car ce col du buisson est le plus dur des cols de cette randonnée. J’ai navigué entre le 32X23 et 32X21. On se retrouve avec des morceaux de plusieurs kilomètres, droits, et un pourcentage entre 8 et 10%. J’arrivais à passer des cyclistes, mais j’étais éberlué d’être doublé par des types qui avec 39X23, passaient, bien assis sur sa selle.
Je crois savoir que notre Christian Jacques était passé dans ce col avec un beau développement. Tiens, j’entends de la musique ! Est-elle annonciatrice de la fin de ce fichu, bon sang de col. Oui, on aperçoit le haut, mais que c’est long. J’ai hâte d’en terminer. Enfin, le passage sur la ligne blanche imaginaire qui indique que c’est fini. La croix rouge est bien sagement installée sous des tentes en attendant avec moult masseurs et masseuses les défaillants cyclistes. N’ayant pas grand monde, il faut dire qu’il n’est que 12 h 30’, ils racolent le client. J’ai cru comprendre que Bernard qui était avec Jean Philippe, a sollicité un petit arrêt massage en voyant les masseuses. Mais pas de chance, ils se sont retrouvés avec des masseurs. On pouvait aussi obtenir de l’eau. Mais que néni, je ne pensais plus qu’à la descente sur St Julien. 15 Km de descente, route large mais avec des virages en épingle à cheveux, et bien entendu protégée de tous véhicules. Le pied, quoi ! Je considérais que je descendais vite, mais pour certains j’étais plutôt la tortue et eux le lièvre. Au cours de cette descente le tonnerre gronde. Vite, vite rejoindre l’arrivée avant d’avoir un méchant orage sur le nez et les pieds. C’est bien connu, le premier organe d’un cycliste à souffrir de la pluie, ce sont ses pieds. Quelques gouttes tombent, j’accélère, enfin la fin de la descente. Il reste encore un peu plus deux kilomètres à parcourir, léger faux plat, petites montées, qu’avec bonheur j’arrache en 52 X 14, en plus je double des lièvres qui ne digèrent pas cette dernière difficulté. Voilà l’entrée du village, je passe sous les bannières de l’Ardéchoise en faisant un doux son électronique qui grave l’heure de mon arrivée. Il est 13 h 8 minutes et 4 secondes. Juste le temps de prendre une boisson, quand tout à coup une pluie violente s’abat. Heureusement, je trouve un arbre bienfaiteur pour nous abriter des compagnons de route et moi (certains sur le parcours ont essuyé de la grêle).
Voilà, je suis heureux, j’ai participé à cette merveilleuse aventure, en regrettant seulement de n’avoir pas fait au moins la Volcanique. Cela me laisse le plaisir de revenir, et d’aborder différemment le circuit en ayant une meilleure connaissance des lieux. Donc à bientôt l’Ardèche.
Etant arrivée tôt, je suis revenu sur la ligne d’arrivée pour attendre les copains.
Le premier que j’aperçois vers les 16 H est Alain. Je
m’approche du lieu, il à disparu. 5 minutes après arrive Claude
. Il est
content de sa performance, surtout quand je lui indique qu’il arrive seulement 5
minutes après Alain. Ils ont fait tous les deux la Volcanique. Claude aperçoit
Alain, on le rejoint. Alain est content de sa ballade, sauf qu’il s’est réservé
dans les descentes, car la route était mouillée et dangereuse. Tous les deux
trouvent que la Volcanique est un très beau parcours. Alain conserve la vision
du col de Mézillac embaumé par les ajoncs. La vision du mont Gerbier des joncs
en haut du col est magique. Une image qui reste gravée en eux. Pour ma part, je
n’ai pas eu ce plaisir. Vers les 18 heures arrive
notre copain Christian
Jolly. Je l’interpelle et lui demande ses premières impressions. Que me
répond-t-il, le bougre, dans un état tel d’excitation, que je pensais qu’il
avait fumé la moquette : « L’ardéchoise c’est facile, ça descend tout le temps,
il y a trois côtes, c’est tout. C’est rien à côté des Alpes ou même des Ballons
d’Alsace ». Sur le coup je ne le croyais pas, je pensais qu’il exagérait, mais
par la suite Christian Jacques qui à fait l’Ardéchoise et le BCMF des Vosges m’a
confirmé que c’était plus dur en Alsace.
Les témoignages suivants ont été exprimés le soir avant le repas :
Lyliane Renault et Isabelle Taille ont toutes deux fait les Boutières. Georges Branchard s’était joint à elle. Isabelle a eu plus de mal que Lyliane dans les cols. Les descentes étaient assez dangereuses, mais nous sommes descendues tranquillement.
Bernard
Gorget indique qu’il est rincé, mais propose tout de même d’aller faire la fête.
Il était avec Jean-Philippe IOB : au début ils faisaient les descentes à tombeau
ouvert, mais pas à la fin. C’était une très belle ballade.
Gérard Berland après avoir demandé comment il fallait démarrer ce genre d’épreuve, a fait tout le contraire. Il a attaqué les premiers cols à 100 à l’heure. Au bout d’une centaine de kilomètres, il a commencé à sentir la fatigue. Et ensuite il est rentré dans un cauchemar. Il me rappelle mon rêve qui était de partir en dernière position et de remonter tout le monde. Pour lui c’était tout le contraire, il voyait tout le monde le doubler, même un petit gros. Dans une descente il avait froid, arrivé à son terme, il dut s’arrêter car il était malade. Ensuite il est reparti et a terminé son cauchemar. Comme le dit si bien Bernard, Gérard a vécu « une galère ».
Jean Cordonnier, lui, était bien, il était à fond dans son challenge. Il faut dire que c’était la première fois qu’il faisait un parcours en montagne. Depuis, il s’est rattrapé : BCMF des Vosges, BCMF des Cévennes. Il était parti pour l’Ardéchoise, mais en arrivant au Cheylard, il tourna avec ses compagnons de route, il ne comprit pas tout de suite qu’il se retrouvait sur les Boutières. Il était trop tard pour faire demi-tour. Pour augmenter la distance, il est rentré en vélo à La Louvesc, un col de 12 km de long.
Pour Christian Jacques et Coco, le parcours était génial, tout allait bien. Mais à un moment, Christian a eu un coup de barre dans le col qui déterminait le choix entre l’Ardéchoise, la Vélo Marathon et le Sucs. Par précaution, ils choisirent l’Ardéchoise. Mais sur le retour Christian avait retrouvé la forme et Coco s’inquiétait quand il était doublé que Christian prenne la roue. Il tournait bien les jambes, mais pas aussi facilement que Christian.
Gérard Taille n’a fait que la Volcanique alors qu’il révisait le parcours de l’Ardéchoise depuis trois mois au moins : « Tu sais, j’aime bien partir tranquillement et quand je suis arrivé à la bifurcation pour l’Ardéchoise, il était trop tard, ils avaient fermé la route. En fin de compte c’était pas plus mal car j’ai retrouvé Isabelle (sa femme) et je suis rentré avec elle. »
Pour votre information il faut savoir que plus de 86% des participants s’inscrivent sur les Boutières et la Volcanique. A bientôt pour de prochaines aventures.
Jean-Luc.
Arès l'effort le réconfort
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